vendredi 7 mars 2014

Surmonter les pannes d’inspiration : Stanley Kubrick à la rescousse de l’apprenti écrivain !

Photo de Stanley Kubrick, un réalisateur américain né le 26 juillet 1928 à New York, dans le quartier du Bronx, et mort le 7 mars 1999 dans son manoir de Childwickbury.

Il faut dire que, depuis un bout de temps, le blogue est resté inactif. Quelques projets qui me tenaient à cœur ont accaparé mes heures libres. Je ne vous ai pas oublié, la preuve en est que j’ai répondu un par un à chaque message que vous m’aviez fait parvenir. Que ce soit une question, des compliments ou des propositions d’articles, votre cher serviteur a traité de son mieux chaque requête.

Qui ne s’est jamais retrouvé devant une panne d’inspiration ? Vous connaissez bien l’exigence du métier d’auteur, les dilemmes moraux auxquels vous êtes confronté, stylo en main. Dois-je préférer le point de vue omniscient au point de vue interne rapporté à la première personne ? Dans quelles circonstances mon protagoniste rencontre-t-il l’antagoniste ? Ou bien quels traits de caractère donner à mon héroïne ? Autant de questions qui peuvent mener à l’hésitation voire au blocage. Seulement, le syndrome de la page blanche est synonyme de perte de motivation, de perte de repères.

Si vous vous reconnaissez dans les lignes ci-dessus, cet article est alors fait pour VOUS. En fait, par sa grande expérience, Stanley Kubrick, le réalisateur américain auquel Vince Gilligan, le papa de Breaking Bad, faisait mention dans un article précédent, peut bien aider à surmonter les pannes d’inspiration et améliorer la construction de vos intrigues. (Le réalisateur est décédé il y a quinze ans, jour pour jour. Donc, considérez ces lignes comme un hommage sincère.)

Pour ceux qui ne connaissent pas le monsieur, parmi ses films les plus marquants, citons Lolita, Docteur Folamour, 2001, l’Odyssée de l’espace, Shining ou encore Full Metal Jacket.

« Je ne sais pas toujours ce que je veux, mais je sais ce que je ne veux pas. »

Tout au long de cet article, nous travaillerons sur un cas concret, un bout de scène. Notre mission sera de lui trouver une suite. Imaginons que notre personnage principal, Marc, trouve par hasard sa femme avec son ex-mari discutant dans un café. Nous supposerons qu’au début du livre, Marc soupçonne justement son épouse, Élise, de le tromper. Situation clichée, noms clichés au possible choisis délibérément pour pousser notre exemple à l’extrême. Quelle sera la réaction de notre cher Marc ?

Aucune idée… Je ne me suis pas encore décidé, j’ai quelques idées par-ci, par-là ; rien de bien transcendant. Je suis dans le flou, l’hésitation totale. La première étape que vous devriez me recommander serait de procéder par élimination. Prendre une feuille et noter les écueils à éviter, c’est-à-dire toutes les solutions indésirables. Bien sûr, rien ne vous empêche de réaliser cette gymnastique mentalement.

En ce qui me concerne :
« La réaction de Marc ne DOIT PAS :
  • Être cliché ; 
  • se montrer évidente, donc, prévisible ;
  • être incohérente avec sa personnalité (doux, émotif, soucieux) ;
  • s’avérer trop dominante (il ne faut pas oublier la réaction des autres personnages).
»
Voici quelques solutions indésirables.
  • Marc se met en colère et demande à sa femme de s’expliquer. (Trop cliché, trop évident !)
  • Marc reste immobile, se mettant à pleurer, et s’enfuit. (Certes, cette décision est en accord avec sa personnalité, mais elle reste prévisible, convenue.)
  • Marc a eu une hallucination (ou toute autre facilité flagrante qui ne confronte pas le personnage à la réalité).
  • Laisser les autres personnages (la femme et l’ex-mari) inactifs.
Que retenir ? Du moment que vous répertoriez les premières idées qui vous viennent en tête (les plus évidentes, souvent les moins intéressantes et les moins surprenantes pour le lecteur), vous évitez l’erreur, la solution de facilité. Mais, maintenant, comment procéder pour avancer et surmonter MA panne d’inspiration ?

Écoutons monsieur Kubrick...

« Le “quoi” doit toujours précéder le “comment”. »

Pour faire simple, c’est bien gentil d’exclure les possibilités, néanmoins, plutôt que de chercher la suite de la scène tout de suite, il faut jouer cartes sur table, mettre les choses au clair. Bref, s’appuyer sur une base organique, celle des personnages. Car Vince Gilligan affirmait :
« On dit souvent que la chose la plus importante, ce sont les personnages, car ils sont l’histoire, la raison pour laquelle ont suit la série. Donc oui, je me suis concentré sur les personnages. Pour être plus précis : il fallait surtout que je sois fidèle à Walter White, à ce qu’il est, à ce qu’il était, et à ce qu’il est devenu. Si vous êtes fidèle au personnage, autrement dit, si vous le laissez vous dire son histoire au lieu de la lui dicter, de la lui imposer, alors vous avez peu de chance de vous tromper.

Dans tous les cas, les premières questions que nous nous posions dans la salle d’écriture, c’était : “Que veut Walt, à cet instant ? De quoi a-t-il peur ? Quel est le but de son existence ? Qu’est-ce qui l’empêche d’atteindre ce but ?” Si vous vous posez ces questions en boucle, en tant que scénariste, alors vous arrivez à avancer dans votre histoire de manière organique, en laissant votre héros vous dire où il va. Les plus beaux moments de la vie d’un scénariste, c’est quand vous entendez la voix de votre personnage dans votre tête, et qu’il vous dit ce qu’il veut, et que vous l’écrivez, presque comme un greffier au tribunal. »
En pratique, il s’agira de comprendre les motivations du personnage, ses sentiments à ce moment précis puis déterminer en conséquence sa réaction, puisque, dans la vie courante, les gens expriment différemment leur émotion. Par exemple, sous l’emprise de la colère, certains d’entre vous sauront la retenir, alors que d’autres crieront et la formuleront d’une manière violente.

Reprenons nos chères questions.

Que veut Marc, à cet instant ?

Comprendre. Marc veut SIMPLEMENT comprendre ce que fait son épouse, Élise, avec son ami.

De quoi a-t-il peur ?

Il a peur qu’Élise le trompe. Il l’aime vraiment, donc il ne veut pas qu’elle le quitte ou qu’elle se détourne de lui. Peut-être qu’il craint plus une demande de divorce de sa part qu’une potentielle trahison. (N’oubliez pas qu’il est de nature douce, émotive, soucieuse !)

Quel est le but de son existence ?

Réaliser son amour avec Élise. (Que c’est romantique, les amis !) ;)

Qu’est-ce qui l’empêche d’atteindre ce but ?

Son manque de confiance envers sa conjointe, le doute, le soupçon.

Avouez que ça nous aide tout de même à écouter plus clairement la voix du protagoniste. Bien sûr, avec un peu d’expérience, vous n’aurez même sans doute plus à formuler explicitement les questions, le processus deviendra en effet assez naturel. Nous savons déjà que Marc essaiera de réagir de la meilleure façon pour ne pas froisser son épouse. Eh oui, nous exclurons d’office la solution dans laquelle Marc n’agit pas parce que dramatiquement, cela ne fait guère avancer l’intrigue.

Alors, vous avez une idée pour remplir ces conditions ?

Euh… Je propose que Marc passe intentionnellement devant son épouse et son ex-mari en feignant de ne pas les avoir vus.

« Prenez la première idée qui vous vient en tête puis faites exactement le contraire. »

Je sais que ce conseil est à double tranchant. Vous ne pouvez l’appliquer sans un minimum de réflexion. Cependant, il vous invite quand même à penser à des alternatives, à favoriser la chasse aux clichés, car, comme susmentionné, l’esprit a tendance à imaginer dans un premier temps les solutions les plus simples et les plus évidentes. Ce sont des raccourcis de la pensée qui ont été tellement utilisés et usés jusqu’à la corde qu’ils en deviennent d’une grande banalité.

Certaines récurrences sont agaçantes parce qu’elles sont mal traitées, mal ou peu revisitées. Le genre de la fantasy est le plus friand en la matière : le manichéisme prononcé, le sorcier, la boule de feu du sorcier, le petit héros naïf qui devient l’Élu, le guerrier taciturne dont le passé comporte son lot de lourds secrets, le vieux mentor qui cache en réalité une puissance magique insoupçonnée, le château fort imprenable... De même, si un gentil récolte une blessure dans le combat, elle ne sera jamais mortelle. En fait, c’est juste pour faire joli : un peu de sang et de poussière pour prouver qu’une bataille, en fait, ce n’est vraiment pas grand-chose.

Bon, bon, revenons à nos moutons. Personnellement, l’idée que Marc passe intentionnellement devant son épouse et son ex-mari en feignant de ne pas les avoir vus me semble plutôt pertinente, il réagit sans pourtant aller jusqu’au bout. Vous vous doutez quand même bien que je n’allais pas la retenir parce qu’il manque encore quelque chose pour créer du CONFLIT et faire vibrer un peu le cœur du lecteur. C’est déjà quand même un peu l’opposé de notre première idée où Marc prenait la mouche.

Nous nous approchons quand même du compromis. Allez, une nouvelle recommandation de l’ami Stanley ?

« Si votre personnage principal a un bon fond, je pense qu’il est nécessaire de connaître ses défauts et de montrer les moments où il se comporte mal. Dans le cas où votre personnage est fort mentalement, révélez-nous ses passages à vide. Par ailleurs, à mon avis, n’essayez jamais d’expliquer pourquoi il est ce qu’il est aujourd’hui ou pourquoi il agit de cette façon. »

Les personnages présents dans les films de Kubrick : Alex DeLarge, Barry Lyndon et Bill Harford.

Belle définition de la caractérisation. Pour résumer d’une autre façon, privilégiez les faiblesses d’un personnage à ses qualités, car il est clairement établi que le public sera plus attaché au protagoniste qui atteint difficilement ses objectifs qu’à celui qui en un claquement de doigts se sort de toute situation embarrassante.
« On doit établir clairement quels sont les objectifs d’une scène, son importance dans le récit du point de vue du personnage ; mais, une fois ceci fait, je trouve qu’il est contre-productif de vouloir se brider, si l’on change d’avis concernant l’échafaudage, le cadrage ou même les dialogues à la dernière minute, avant les répétitions. »
Retenez donc que comprendre les motivations profondes d’un personnage ne suffit pas pour expliquer une réaction précise. Il faut travailler en conséquence sur l’instinct qui tient un rôle important dans notre décision. Qui n’a jamais apprécié une solution sans jamais pouvoir donner d’explications précises ?

D’ailleurs, une citation du réalisateur de Lolita :
« Comment pourrions-nous apprécier le tableau de Mona Lisa si Léonard de Vinci avait écrit au bas de la toile : “La dame sourit parce qu’elle cache un secret à son amant.” »
Chercher à tout rationaliser, c’est tuer dans l’œuf la créativité et la magie commune à l’écriture. La subtilité est sous-estimée, car une des joies de la lecture se situe dans votre liberté pour interpréter un texte et en tirer vos propres conclusions. Autant vous dire qu’on n’écrira jamais : « Marc était en colère. » Je préférerais suggérer cette impression d’une manière moins directe.

Trêve de bavardage ! Voici la suite choisie en fonction des critères susmentionnés (avec une prédilection à l’improvisation) :
« Marc sentit son cœur battre très fort. Son corps tremblait de haut en bas comme soumis aux vibrations d’une cloche d’église qu’on tintait avec vigueur. Son Quasimodo intérieur soutint le mouvement, si bien qu’une nausée s’empara de sa tête. Et soudain, aux visions noires et aux idées saugrenues, une impression particulière s’imposa à lui. Il inspira, évacuant pour quelques secondes son haut-le-cœur. Monstre qui revint à la charge alors qu’il composait sur son téléphone le numéro d’Élise.

Quand elle reçut cet appel inopiné, elle examina avec insistance son auteur ; pourtant, ce dernier à quelques mètres prenait lui-même le même air d’attention absolue, susurrant de sombres propos, implorant le seigneur. Mais, sa petite dame ne répondit guère : elle remit son appareil de communication dans son sac, continua une discussion passionnée avec son ex-mari, lequel buvait à petites gorgées machinales son verre de jus d’orange sans la quitter du regard. Et ils fondirent en rire.

C’est alors que, les larmes aux yeux, le malheureux les imita ; un rire s’empara de lui. Rire bestial qui figea son visage dans un rictus abominable. Certains passants, un père de famille, un couple âgé, un groupe d’étudiants ne purent s’empêcher de lancer des regards inquiets. C’est alors que Marc décida de donner à Élise une dernière chance. “Je meurs…” Tel est le message funèbre qu’il valida, laissant promener ses doigts sur le clavier sous l’effet de la rage aveugle d’un forcené, puis il attendit, dissimulé dans un arrêt de bus. Claquement de dents, coup d’œil furtif et bourdonnement d’abeilles. Pourtant, rien ne vint le sortir de sa léthargie. Quand Marc vérifia l’historique de son téléphone, un sursaut le plongea davantage dans les abîmes.

Il venait d’envoyer son SMS à Mathilde, sa mère, et le poids de cette révélation lui écrasèrent les épaules d’un poids de 10 tonnes, un filet venimeux s’écoula dans son sang, le laissant interdit. Blêmit son visage déjà affreusement blafard. Au même moment, ses deux connaissances se levèrent de la table. »
Je ne sais pas si j’ai fait le bon choix, mais en tout cas, j’ai tenté de mélanger les différentes approches avec un contretemps qui redonne de nouveaux enjeux et une nouvelle lecture de l’histoire (sans forcément suivre à la lettre mes idées précédentes). Vous êtes peut-être curieux de connaître la suite. Mais, pourquoi ne pas l’imaginer vous-même en quelques lignes (réaction de Marc ou de la mère) ? Un joli exercice auquel vous pouvez répondre si vous le souhaitez à travers des commentaires. Je m’engage d’ailleurs à vous livrer un avis bref sur votre prose.

Alors, pourquoi ne pas vous lancer ? Kubrick disait : « Si un homme ne peut pas faire de choix, il cesse d’être un homme. » C’était pour ma dernière citation du monsieur. Pour les allergiques à la chose, le temps d'un répit est arrivé.

En tout cas, bon courage et prenez soin de vous !

20 commentaires:

  1. Bonjour Paul.
    Merci pour cet article ! Allez, ton exercice me tente, je me lance, voici ma suite à ton texte :

    "Arrête un peu de te lamenter. Je ne veux même pas savoir ce qu'il t'arrive, cette fois-ci. Tu étais un gamin pleurnichard. Je vois que tu n'as pas changé."

    Des étoiles dansèrent devant les yeux de Marc. Son front était en sueur. Sous le choc, il se laissa glisser sur le banc de l'arrêt de bus, tel un pantin désarticulé. Il ne pouvait quitter des yeux les quatre phrases assassines que sa mère venait de lui envoyer.

    Cela faisait des dizaines d'années - depuis sa petite enfance, pour être exact - qu'il subissait ses assauts cruels et acides. Il aurait dû être blindé, à l'épreuve des balles. Mais, étonnement, sa mère parvenait toujours à viser juste pour l'atteindre en plein cœur.

    Pourquoi avait-il fallu qu'il se trompe de destinataire ? Comment ce fichu sms avait-il pu être envoyé à Mathilde ?

    Il n'y a pas de hasard, chuchota une petite voix au fond de lui.

    Marc leva les yeux, juste à temps pour voir la silhouette d’Élise se déhancher au bout de la rue. Sa main tenait fermement celle de son ex-mari. Ses talons cinglèrent une dernière fois les pavés avant de disparaître au loin.

    L'évidence lui sauta aux yeux et le laissa abasourdi. Élise était la copie conforme de sa mère, quand elle était jeune. Même démarche sèche et autoritaire. Même beauté cruelle. Même sourire moqueur. Même propension à le rabaisser constamment.

    Marc inspira une grande bouffée d'air frais. Son haut-le-cœur était passé. Le malaise avait laissé place à une foule de sentiments enfouis au fond de lui, et dont il ne soupçonnait même pas l'existence. La détermination. Le besoin de changement. La nécessité de s'affirmer.

    Il se faisait avoir par ce genre de femmes depuis trop longtemps, il était temps pour lui de passer à autre chose.

    Voilà pour ma version de la suite des mésaventures du pauvre Marc (désolée les quelques lignes se sont transformées en pavé ^^).

    Charlotte.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bravo, Charlotte, je tire mon chapeau !

      Votre extrait apporte nuance et profondeur à l'histoire, deux éléments non négligeables. Par exemple, je retiens le parallèle entre la mère et Élise. Il fallait quand même y penser. En effet, la manière avec laquelle vous démontez la tension ascendante résulte en une rupture ingénieuse. D'autant plus que la réaction des personnages me semblent totalement surprenante et satisfaisante en tant que lecteur.

      Concernant le style d'écriture, il est clair et direct ce qui n'est pas un défaut. Descriptions imagées allant à l'essentiel, alternance entre phrases de longueur variable... L'ensemble est dynamique et plaisant à la lecture. Je ne sais quoi critiquer, je manque d'arguments constructifs.

      En tout cas, bon courage et n'hésitez pas à visiter souvent le blogue !

      Cordialement,

      Supprimer
    2. Merci beaucoup pour votre avis :) !

      Supprimer
    3. Je vous en prie, Charlotte !

      Supprimer
  2. Merci pour cet article et vos conseils ! Les pannes d'inspirations m'arrivent régulièrement, donc je ne devrais pas tarder à m’entraîner à les appliquer. Bonne continuation.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour !

      Et merci à vous pour votre gentillesse et l'intérêt porté à ce blog.

      Restez connecté et tenez-moi au courant de votre progression !

      Cordialement,

      Supprimer
  3. Souvent, l'une des raisons qui conduit à la page blanche est la volonté (consciente ou non) de faire parfait dès le premier jet. Or, écrire c'est aussi travailler et retravailler son texte. Parfois, il est nécessaire de mettre sur papier ce qui nous passe par la tête, d'écrire plusieurs versions, de laisser reposer les idées et d'y revenir.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne peux qu'acquiescer et ce totalement, Rébecca. Le vice du perfectionnisme aura touché plus d'un auteur voulant bien faire. Or, dans toute activité de création, il ne faut jamais négliger le facteur productivité.

      D'ailleurs, en visitant rapidement votre blogue, son absence dans ma liste de liens préférés était une petite injustice réparé à l'instant.

      Je vote pour plus de participation de votre part !

      Cordialement,

      Supprimer
  4. Je viens de découvrir votre blog et cela m'inspire beaucoup. Voici une petite suite que je vous propose.

    Alors que Elise et son ex mari se dirigeaient pour payer, le téléphone de Marc se mit à sonner, déchirant le silence dans lequel il s'était plongé. Sans surprise, le nom de Mathilde apparut sur l'écran. Marc hésita avant de décrocher mais il connaissait l'insistance de sa mère. Et au vu du message qu'il avait envoyé, elle le harcèlerait jusqu'à ce qu'il réponde.
    - Allo, Marc, mon chéri qu'est ce qui se passe, tu as eu un accident ? cria t-elle au bord de la crise de nerf.
    Sa mère était une femme qui s'affolait pour rien et dramatisait n’importe quelle situation. Il avait hérité d'elle ses angoisses et lui en voulait d'avoir fait de lui un lâche. La preuve en est qu'il avait été incapable d'entrer dans ce café et de mettre sa femme au pied du mur.

    - Marc, tu es là. Oh mon Dieu mon fils est en train de mourir...
    - Maman, calme toi je n'ai pas eu d'accident lui répondit Marc conscient qu'il ne pourrait pas éviter la conversation et qu'il allait devoir trouver une bonne explication à son message.
    - Oh mon Dieu, Marc dis moi la vérité c'est un cancer c'est ça. Mon chéri, ne t'inquiètes pas...
    En voyant sa femme et son ex mari sortir du café, Marc raccrocha précipitamment sur sa mère. Ce qui se passait sous ses yeux était beaucoup plus important que les délires de sa mère.

    Je vais m'arrêter là car le but n'étant pas d’écrire un roman ou de vous perdre dans mon récit !!! Je tiens à préciser que je ne suis pas écrivain.

    Fati

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour, Fati,

      Je trouve que vous êtes difficile avec vous-même. Il n'existe pas de distinction entre écrivains et surtout pas dans ce blogue. Si vous écrivez par plaisir, vous l'êtes.

      Concernant votre extrait, vous aurez dû peut-être mettre en avant la réaction de Marc. Car vous nous laissez dans le flou. On ne sait pas ce que va faire ou compte faire le personnage qui vient de raccrocher le téléphone sur sa mère. Vous auriez pu continuer la scène.

      Sinon, d'après ce que j'en ai lu, c'est bien de vous démarquer par le dialogue. Vous nous décrivez une mère de nature anxieuse, intrusive même. C'est un parti pris. En tout cas, l'écriture est plutôt soignée, correcte dans l'ensemble. Il y a de l'effort.

      Je n'ai pas grand chose à ajouter. Un peu plus de folie ? Des comparaisons, des métaphores, des description avec les sens, plus de figuration que d'énonciation... Mais, en même temps, le sujet ne s'y prête pas beaucoup. Allez, je pinaille. ;)

      En tout cas, continuez à écrire, vous n'avez pas de quoi vous inquiéter. Vous maîtrisez la langue. La pratique paie !

      Cordialement,

      Supprimer
  5. Bonjour Paul,

    Moi aussi j'ai une suite à vous proposer. Je m'excuse d'avance de la longueur (promis c'est la dernière fois). Je me suis inspirée de toutes les idées précédemment citées :)

    Il marcha sous la pluie, vers le café sans préau près duquel il avait l’habitude de garer sa voiture, puis s’approcha de la vitre jusqu’à y trouver son reflet. La fièvre fardait sa bouche et plissait ses paupières. Tu me fais pitié, lui dit Marc. Là seulement, il se rendit compte qu’il l’avait perdu. Le Piganiol rouge et noir : le parapluie que Mathilde lui avait donné un jour « au cas où », comme font les mères si souvent. Machinalement, il porta les mains à sa poitrine, fouilla ses poches et en profita pour vérifier la présence de ses clefs de voiture, de son portable. Ses doigts engourdis grinçaient des pièces, mais ne trouvaient pas grand-chose. C’était absurde, on ne perd pas un parapluie comme le sien. C’était absurde. En plus de perdre son Elise et son parapluie, allait-il perdre l’esprit ?
    Une petite boule chaude descendait sa gorge et brûlait ses pensées. D’un revers de veste humide, il chassa l’eau de la baie vitrée et chercha de nouveau son visage sur le verre. En réponse, il n’obtint qu’une image saturée d’envers d’affiches vieillies et de petites annonces déchirées.
    Et puis, la buée cessa de lui dissimuler son reflet. La figure apparut claire, rouge, noire, trempée de pluie, cachetée maladroitement et jetée sur le sol, aux chevilles de son Elise.
    Il n’y avait qu’eux d’eux dans le café. Lui, l’homme d’avant, confortablement posé sur sa banquette de cuir, le cheveu un peu gris, le regard tout à celui d’Elise. Une bouteille de Perrier à peine entamée. Elle, comme une gamine qui ne sèche pas les cours pour la première fois, se contentait de peu, empilait des morceaux de sucre et mordillait une rondelle de citron. Est-ce qu’elle disait du mal de lui ? Marc chercha son prénom sur les lèvres de sa femme. Avait-elle idée de la fièvre qu’elle lui causait ? Il n’y avait pas de chambre à l’autre bout de la ville, ni de virée à la mer. Juste ce café, devant lequel Marc passait tous les jours, à deux pas de l’endroit où il garait sa voiture. Et son Elise qui ne portait pas même un peu de lui sur les lèvres.
    Alors se dirigeant vers l’entrée, Marc enfonça une première fois la porte de l’établissement. Sans succès. Plus loin Elise ne cillait pas. Il s’acharna encore deux trois fois à grands coups d’épaule, sans que ni la porte ni le couple ne lui prête attention. Une vignette « tirez » le toisait depuis l’intérieur. Il était stupide. Il l’avait toujours su. C’était sous ses yeux depuis le début.
    A ce moment-là, des vibrations ranimèrent sa cuisse. Le portable : retrouvé. Allo, Eli... Maman ? Non, non, Maman. Plus tard, pas maintenant. Non. Je ne suis pas en voiture, je ne téléphone pas en conduisant. Bon sang, c’est toi qui m’appelle. Non, je ne meurs pas Maman. Il raccrocha. Mathilde et ses inquiétudes. Au mauvais endroit, au mauvais moment. Marc aurait dû lui dire qu’il ne l’avait pas perdu le Piganiol, mais sans doute l’avait-elle déjà compris, comme font les mères si souvent.
    Alors Marc marcha rapidement vers son véhicule, cru rompre la portière en l’ouvrant, balança son BlackBerry sur le tableau de bord, puis s’écroula sur le siège. Le ciel lâchait des cordes sur la voiture, et leur fracas n’aidait pas. Il pouvait conduire malgré la pluie, malgré les tremblements et la fièvre. Il se concentra pour mieux agripper le volant, stoppa les hurlements de l’autoradio, actionna les essuie-glaces, puis amorça un demi-tour. L’air semblait une faible lueur au fond de ses poumons.

    (suite dans le commentaire suivant, désolée...)

    RépondreSupprimer
  6. Maintenant, face à la vitrine du café, il allait attendre un peu.
    Le temps que son alliance cesse de remuer contre le volant, que sa main droite parvienne à manœuvrer le levier de vitesse. La seconde pouvait suffire. Il devait briser la vitre tout entière et le cocon méprisant dans lequel elle faisait semblant de se cacher. Il devait attendre encore un peu. Le temps d’accrocher une dernière fois le sourire de son Elise, ses grands gestes lorsqu’elle se mettait à raconter, et ses sursauts lorsque sonnait son téléphone.
    De l’autre côté de la vitre, Elise avait plongé jusqu’au coude à l’intérieur de son sac à main et en avait sorti l’appareil. Elle l’avait examiné un instant. Et sans répondre, l’avait montré à son ex-mari qui lui avait fait signe de décrocher. L’obéissante qui répondit au téléphone paru se faner une fraction de seconde.
    C’est ce genre de signes que Marc avait manqué. Lorsqu’Elise était heureuse, le bonheur l’emplissait entièrement et durablement. Elle était heureuse pour deux. Pour elle-même et à la place de Marc. Un bonheur ancré si fort en elle, que Marc n’avait jamais compris comment il filait si vite. Car lorsqu’Elise n’aimait plus la vie, il lui arrivait de croire que c’était irréversible.
    Alors Marc fit le vœu de la voir s’illuminer de nouveau. Une dernière fois. Comme lorsqu’ils s’étaient connus et qu’elle souhaitait tirer un trait sur son passé. Comme lorsqu’il avait accepté de n’être que l’homme d’après, et qu’il avait su lui montrer tout l’amour de ne l’avoir qu’à moitié. Tu me voudras pour toi seul un jour, lui avait-elle dit. Marc avait juré.
    Le gris glissait du visage d’Elise, mais elle continuait de s’accrocher au téléphone comme à un parapluie sous la pluie. Sans dire mot, elle leva les yeux vers la vitrine, et reconnu la voiture de son mari.
    C’est là que le véhicule entier se mit à sonner. Instinctivement, Marc fit taire le tableau de bord en pressant le petit combiné vert.
    - Marc mon chéri. Elise règle des problèmes qui ne te regardent pas. Ne fais pas ce que tu as l’intention de faire. C’est moi qui répondrais à tes questions.
    Il fallut une bonne minute avant que Marc ne recommence à fonctionner. Il n’en croyait pas ses oreilles : Mathilde venait de lui raccrocher au nez.

    Merci d'avoir tout lu. La prochaine fois (et il y en aura une, hélas) je corrigerais le défaut de la longueur. C'est un bon exercice.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour !

      La première impression qui ressort de cette lecture est la profusion et le niveau de détails. C’est une bonne façon d’apporter de la profondeur au récit, tout en reflétant concrètement l’état intérieur du personnage. La désorganisation dans ses pensées. La buée sur la vitre représente l’incertitude de Marc tandis que le fait qu’il pousse au lieu de tirer la porte montre qu’il est perdu. Sans oublier les références qui donne une impression de réel. Perrier, Piganiol, etc.

      Je me rappelle justement que la série Soprano (qualifiée de « grand roman américain » par l'écrivain Norman Mailer et élue dernièrement par les scénaristes américains comme la meilleure série la mieux écrite de l’histoire) recourait à ce procédé (notamment les rêves). Parfois, jusqu’à l’obsession que ça en devenait un leitmotiv. Par exemple, dans le premier épisode, une famille de canards atterrit dans la piscine de Tony, petit chef mafieux du New Jersey, et y fait son nid. Ce brave père de famille, assassin à ses heures, s'en trouve tout ému.

      C’est d’ailleurs ce procédé qui lance la série. Car, un jour, les canards s'enfuient une fois en mesure de voler. Depuis lors, Tony subit des crises de panique et doit voir en secret un analyste, le docteur Jennifer Melfi. Tony a son château, oui, mais c'est aussi une prison. La série s’intéressera ainsi à ses différentes tentatives pour quitter son milieu et comment les circonstances, d'autres personnes dans sa vie, sa nature empêchent cela de se produise.

      Le docteur Melfi en déduit rapidement que Tony a projeté son amour pour sa famille sur la famille de canards vivant dans sa piscine. Cela l'amène aux pleurs, à la consternation. Elle lui dit que leur envol de la piscine a suscité son attaque de panique par la peur écrasante de perdre d'une manière ou d'une autre sa propre famille. Le résultat est percutant car il est très visuel, d’autant plus que ces représentations extérieures participent non seulement à la caractérisation du protagoniste, mais aussi à la progression de l’intrigue.

      Revenons à votre texte. Le point de vue interne (la petite voix intérieure) que vous utilisez renforce réellement notre attachement à Marc. Et vous arrivez à donner un passé aux personnages, à border autour, avec l’anecdote du parapluie. Il y a un peu de surprise. La fin me donne envie de lire envie de lire la suite. En tout cas, c’est du très bon travail !

      Je ne vois rien d’autre à ajouter.

      Cordialement,

      Supprimer
    2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

      Supprimer
  7. Bonjour Paul,

    Merci pour ces commentaires qui me font très plaisir. Je ne connais que très mal les Sopranos, mais l'anecdote des canards est le genre de détail que j'affectionne beaucoup !

    Je me suis surprise à m'attacher à Marc et Elise, et à vouloir connaître la suite de leur aventure. Effectivement, j'ai utilisé le parapluie comme MacGuffin (astuce trouvée sur votre blog, merci!), parce qu'en visualisant un café, j'ai vu un café rouennais et donc de la pluie. J'ai googlé au hasard puis trouvé la marque Piganiol.
    Après je suis repartie de ce que voulait vraiment Marc : comprendre. Ce que j'ai traduit par "passer de l'autre côté de la vitre" d'où effectivement la buée, les reflets, la distance. Et comme Marc voulait ça plus que tout, j'ai fait en sorte qu'il n'y arrive pas; avec les premières idées qui me passaient par la tête. Mathilde est entrée en scène toute seule, sachant qu'il est possible qu'elle ait demandé à Marc s'il mourrait vraiment.
    Je me suis dit également que Marc était mon héros, et que les autres personnages ne le sous estimaient pas, qu'ils ne pouvaient pas le berner et que par conséquent, Elise l'avait vraiment aimé et qu'elle avait peut-être d'autres raisons de revoir son ex-mari.

    Au final, 900 mots plus tard, j'ai passé un très bon moment et tout ça m'a redonné très envie d'écrire ! J'y retourne donc.
    J'attends votre prochain billet avec impatience et enthousiasme.

    RépondreSupprimer
  8. Super article !
    Je retrouve un peu d'espoir...

    En effet, je suis en train d'écrire mon premier roman mais c'est difficile car si j'avais réussi à ne pas me brider pour le premier jet, en revanche la réécriture me bloque complètement... J'ai cette impression décourageante qu'en fin de compte, mon histoire est nulle, ou pire encore, que c'est moi qui suis nulle car je n'ai pas réussi à la retranscrire comme j'aurais dû.

    J'ai envie de changer pas mal de choses, d'en améliorer d'autres, mais je ne sais pas toujours comment, alors forcément, le travail de réécriture me semble si long et délicat que je ne trouve plus la motivation de m'y coller.

    Mais à la lecture de ces conseils, je me sens revigorée ! Je crois que je vais pouvoir avancer et améliorer ce qui doit l'être. Car même si cette méthode parait tout à fait logique, je n'y avais jamais pensé avant. Pourtant, ça me paraît très ingénieux (et amusant) de dresser des listes de possibilités comme ça. La difficulté pour moi va résider dans le fait d'en choisir une... Ah, cette foutue indécision, mon pire défaut !

    En tout cas, merci d'avoir partagé cette méthode avec nous : j'ai hâte de l'essayer :)
    Et j'ai aussi hâte de découvrir les autres articles de ton blog qui a tout l'air d'une mine d'or pour écrivains en herbe !

    A bientôt,
    Léa

    RépondreSupprimer
  9. Bonjour Paul,

    Votre article et si passionnant que j'ai voulu tenter l’expérience,

    Je vous prie d'excuser les fautes, j'ai toujours eu 0 en dictée.

    La fin me semble téléphonée. Encore désolé.

    A la douleur d’être soi s’ajouta la honte. La honte qu’on le voie comme il était. Dépendant de l’amour des autres mais indigne d’être aimé. Il se détestait d’être ce personnage lamentable incapable de faire face, incapable d’être digne.

    La prise de conscience était douloureuse – il aurait souhaité être n’importe qui d’autre, en fait - mais elle ouvrait une porte sur lui-même. A des vérités auxquelles seul un être en peine pouvait accéder.

    Son esprit accéléra furieusement. Et pourtant le temps parut long. Il tentait de se concentrer mais ses pensées fuyaient le présent, désormais. Il n’y a plus de café à la maison se surprit-il à réfléchir.

    Son cœur battait à tout rompre. Marc se força à souffler lentement. Pouvait-il échapper à lui-même ? Il avait pour la première fois depuis des années entrevu les mécanismes obscurs de son fonctionnement et retrouvait, en tout cas aujourd’hui, un peu de son libre arbitre.

    L’ego se rebellait. Non, je ne me laisserai pas détruire affirmait-il.
    Son téléphone sonna. Il ignora l’appel. Il se leva, déterminé. Qu’au moins une fois dans ta vie d’adulte, tu te comportes en homme se disait-il. Être un homme ne veut pas dire être une brute, être un homme veut dire ne pas se cacher. Ca aussi, il venait de le comprendre.

    Il arriva à la porte du café au moment où Elise et son ex-mari en sortaient. Elle était surprise, forcement. Bouche bée même.

    « J’ignore ce que tu fais là avec ton ex-mari, Elise mais ca ne me plait pas. Tu n’as peut-être pas l’intention de rester avec moi ou de m’être fidèle et si c’est le cas, j’aime autant que tu me le dises tout de suite, afin que toi et moi puissions avoir une chance d’être heureux autrement. »
    Elise, décontenancé n’arrivait pas à répondre. Les quelques syllabes qui sortaient de sa bouche ne purent rien expliquer. C’est son ex-mari, Robert qui répondit « Marc, il doit y avoir une méprise. J’étais venu dire à Elise que j’allais me remarier ! »
    Marc bafouilla à son tour « Mais … Je… Je t’ai appelé, Elise ! Pourquoi ne pas avoir répondu ?
    - C’est moi qui le lui ai demandé, Marc. Et je m’en excuse. Je devais partir immédiatement, comme vous pouvez le voir !
    - Vous aviez l’air de tellement rire, articula Marc pour toute défense. »
    Le visage de Robert s’illumina « Avec un homme, Marc, je me remarie avec un homme ! »

    Pas de conspiration, pas de coup-monté finalement. Il était lui même son plus grand ennemi.


    -------------------

    Merci,

    Julien

    RépondreSupprimer
  10. je suis actuellement en train d'écrire mon second tome d'une saga, et je veut bel et bien vous trouver une suite pour l'aventure de Marc:
    La jeune fille, se leva. L'homme la suivit, et elle se tourna. Son visage enfantin était à quelques centimètres de celui de l'homme, qui avait la quarantaine.
    - Je ne peux pas. Je suis avec quelqu'un...

    L'homme, intriguer de ses paroles, recula de quelques pas, sous l'effet de la surprise.
    - Tu.?
    Elise enfille son manteau.
    - Je t'ai donné rendez-vous en proffesionelle. Je travaille sur un roman. Tu es illustrateur , voilà tout."
    Ses paroles, Marc n'en avait rien su. Il avait une peur horrible, surtout car cet sms avait été envoyer à sa mère, cette femme déjà faible, qui allait surement avoir une crise cardiaque...
    Une vibration le tira de ses pensées: Mathilde.
    Tu n'aurais pu... Je suis frele",
    Je me dis que je pourrais l'envoyer, le meme message, à ma femme, voir sa réaction. La tempete en moi avait besoin d'avoir le coeur net.
    IL prit mon mobile, et tapa:
    Je... Je meurs
    Il tapa sur envoyer.
    Elise sortit son portable. Elle poussa un cri désespéré, et s'evanouie, tombant sur le dossier de la chaise.
    J'avais assasiner ma femme, sans le faire exprès. La confiance me manquais trop.

    RépondreSupprimer

Cet article vous a-t-il plu ? Commentez-le !

Merci aussi de le partager sur Twitter, Facebook ou dans Google+, en cliquant sur les boutons ci-dessus. Si vous l'avez trouvé intéressant, bien sûr !